Je suis convoqué(e) pour une audition libre : que faire ?

Vos droits

Je suis convoqué(e) pour une audition libre :
que faire ?

Recevoir une convocation pour une audition libre au commissariat ou en gendarmerie est souvent source d’inquiétude. Cette procédure est moins contraignante que la garde à vue sur le plan formel, mais vos déclarations seront consignées dans un procès-verbal et versées au dossier. Il est donc indispensable de connaître vos droits avant de vous y rendre.


Qu’est-ce qu’une audition libre ?

L’audition libre est définie par l’article 61-1 du Code de procédure pénale. Elle permet aux enquêteurs d’entendre une personne soupçonnée d’avoir commis ou tenté de commettre une infraction, sans la placer en garde à vue. Contrairement à la garde à vue, vous n’êtes soumis à aucune mesure de contrainte : vous pouvez théoriquement quitter les locaux à tout moment, sauf si un placement en garde à vue intervient au cours de l’audition.

Suis-je obligé(e) de me présenter ?

Oui. En cas d’absence injustifiée, les enquêteurs peuvent procéder à votre interpellation et vous placer en garde à vue. Si vous avez un empêchement légitime, informez-en les services de police dès que possible.

Quels sont mes droits ?

Avant toute audition, vous devez être informé(e) :

  • de la qualification, de la date et du lieu de l’infraction qui vous est reprochée ;
  • de votre droit de quitter les locaux à tout moment ;
  • de votre droit d’être assisté(e) par un interprète si vous ne parlez pas (ou peu) le français ;
  • de votre droit de vous taire ou de ne pas répondre à certaines questions ;
  • de votre droit d’être assisté(e) par un avocat, si l’infraction reprochée est punie d’une peine d’emprisonnement.

Ai-je droit à un avocat ?

Si l’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement, vous avez le droit d’être assisté(e) par un avocat de votre choix ou désigné d’office par le bâtonnier. Contrairement à la garde à vue, la loi ne prévoit pas d’entretien préalable avec votre avocat avant le début de l’audition libre. À l’issue de l’audition, votre avocat peut poser des questions et formuler des observations écrites, lesquelles peuvent être jointes à la procédure.

Puis-je me taire ?

Oui. Le droit au silence s’applique pleinement. Vous n’êtes nullement obligé(e) de répondre aux questions qui vous sont posées. Vous pouvez également choisir de répondre à certaines questions et pas à d’autres.

Dois-je signer le procès-verbal ?

À l’issue de l’audition, l’officier de police judiciaire vous remettra un procès-verbal retranscrivant vos déclarations. Relisez-le attentivement avant de le signer. Vous avez le droit de demander des corrections si le procès-verbal ne reflète pas fidèlement vos propos. Vous pouvez également refuser de le signer.

Quelles peuvent être les suites ?

À l’issue de votre audition, le dossier sera transmis au procureur de la République, qui décidera des suites à donner : classement sans suite, mesure alternative aux poursuites, composition pénale, avertissement pénal probatoire, comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, convocation devant le tribunal correctionnel — notamment par convocation par officier de police judiciaire (COPJ) —, ou ouverture d’une information judiciaire.

Mon conseil Une audition libre n’est jamais anodine, même lorsque la convocation semble banale. L’enquête peut être à un stade avancé et les questions posées orientées. Consultez un avocat avant de vous y rendre : il vous préparera à l’audition, vous expliquera les risques liés à vos déclarations et pourra vous assister le jour J.
Anaïs Casseleux
Avocate au Barreau de Paris  ·  Droit pénal & procédure pénale
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